Bella Ciao

Riz amer

Il y a quelques jours, j’ai revu le film “Riso amaro” (1949), chef-d’œuvre néoréaliste de Giuseppe De Santis – et j’ai eu envie d’écrire quelques lignes en souvenir de ces femmes courageuses qui sont entrées dans l’Histoire. Mondine

Au début du vingtième siècle, chaque printemps (période d’inondation des rizières), pendant environ un mois et demi, des femmes pauvres viennent travailler dans les rizières du Nord de l’Italie. Leurs conditions de travail sont très dures. Elles doivent rester toute la journée dans l’eau, pieds nus et le dos courbé pendant des heures, avec une chaleur accablante. Elles portent des chapeaux à larges bords et des foulards pour se protéger du soleil et des moustiques.

Dans les rizières, il y a deux cents femmes alignées qui doivent travailler en rythme. Les contremaîtres qui les surveillent, disposent une ou deux femmes qui savent chanter en bout de rangée et leur crient : “allez les femmes, chantez ! ”, parce que sinon, elles bavardent et ne sont pas concentrées.
Ces ouvrières saisonnières font des journées interminables et leur salaire est inférieur à celui des hommes. La colère monte et les  mondine (repiqueuses de riz) sont à cette époque, à l’origine des émeutes et des mouvements de révolte, freinés alors par les «clandestines». Encore plus pauvres que les mondine, elles n’ont pas de contrat d’embauche et sont prêtes à tout pour obtenir du travail (travailler plus, plus vite…). Alors, elles sont traitées de « jaunes » (briseuses de grève) par les mondine.
Finalement, entre 1906 et 1909, les mondine obtiennent, la journée de travail de huit heures !

Les mondine sont aussi connues pour avoir chanté de nombreux chants populaires, des chants taquins contre les clandestines, des ballades qui parlent d’amour, des traditions, de la vie et de la mort, et des chants de protestation, dont  Bella Ciao qui est devenu célèbre pendant la seconde guerre mondiale, parce qu’il était chanté par les sympathisants du mouvement des partisans italiens (Resistanza).

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6 commentaires

  1. Merci de cette belle évocation de Riso amaro, chef-d’oeuvre du cinéma néoréaliste italien, un peu oublié sauf des amoureux de cette époque.

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