Emotion à l’opéra

tracts-verdiNabucco, la fierté italienne

Me revient en mémoire un moment magique qui s’est déroulé il y aura bientôt 5 ans. A l’occasion du 150ème anniversaire de la création de l’Italie, fut donnée une à l’opéra de Rome une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification, Nabucco de Giuseppe Verdi, sous la direction de Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 (époque où l’opéra fut écrit) était opprimé par l’empire des Habsbourg.

Au moment où le public a réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir leur réaction viscérale à la lamentation des esclaves qui chantent : «Oh ma patrie, si belle et perdue !». Alors que le Chœur arrivait à sa fin, certains dans la salle s’écriaient déjà : «Bis !» et «Vive l’Italie ! » «Vive Verdi !».

Alors que Muti n’accordait en général pas de « bis », il fit une exception ce jour-là. Encouragé à bisser le célèbre chœur Va pensiero, Riccardo Muti prend la défense du budget de la Culture italienne menacé de coupes sombres… Il invite les spectateurs du Teatro dell’Opera di Roma à entonner l’air patriotique avec les choristes présents sur scène.

–  Vive l’Italie!
– Oui, je suis d’accord sur le «Vive l’Italie», seulement… Je n’ai plus trente ans et donc ma vie est faite. Mais, en tant qu’Italien, qui parcourt le monde, je suis très peiné par ce qui est en train de se passer. C’est pourquoi si, à votre demande, je bisse le «Va pensiero», je ne le fais pas tellement, ou uniquement pour des raisons patriotiques… Mais ce soir, tandis que le chœur chantait «Oh ma patrie, si belle et perdue» j’ai pensé que si nous tuons la culture sur laquelle reposent les fondements de l’Italie, notre Patrie, véritablement, sera belle et bien perdue. Comme le chœur l’a chanté magnifiquement et que l’orchestre l’a très bien accompagné: si vous voulez vous aussi vous joindre à nous, faisons-le tous ensemble. Mais en mesure!

Voici les détails et ses explications dans l’article du Monde.

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8 commentaires

  1. K Elle Aime dit :

    Ah Verdi… c’est mon compositeur préféré !
    La première fois que j’ai vu un de ses opéras en Italie, c’était Aïda au théâtre antique de Taormina.
    Le public était debout au début pour chanter l’hymne italien, puis les trompettes ont résonné avec un jeu de lumière sur les colonnes au fond pour rappeler l’Egypte. C’était magique !
    Ton anecdote me rappelle de nombreux souvenirs de ce genre 😀

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    1. italiepassion dit :

      Ravie de te remémorer de si jolis souvenirs ! 🙂

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  2. Me donne envie de ressortir des disques avec Riccardo Muti à la direction… Un peu oublié… mais je suis sûre d’avoir cela dans ma CDthèque !

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    1. italiepassion dit :

      Merci, j’espère que tu vas les retrouver ces CD !

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  3. JPO dit :

    Belle évocation de Nabucco.

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  4. janejouvet dit :

    Mi piacce Verdi!

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